Section 2 | Comment lire l’étiquette d’un médicament pour le bétail

Médicaments pour le bétail
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Utilisation de médicaments en dérogation des directives de l'étiquette (UMDDE)

Qu’est-ce que l’utilisation de médicaments en dérogation des directives de l’étiquette?

L’utilisation de médicaments en dérogation des directives de l’étiquette (UMDDE) désigne l’utilisation d’un produit d’une manière différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette.

 

Voici des exemples d’utilisation d’un médicament d’une manière différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette :

  • utilisation chez une autre espèce;
  • utilisation à une dose plus élevée ou plus faible;
  • utilisation pendant plus longtemps;
  • recours à une autre voie d’administration;
  • utilisation à une fréquence différente;
  • utilisation en association avec d’autres médicaments;
  • utilisation chez une autre catégorie d’animaux (par ex., chez des vaches lactantes plutôt que non lactantes);
  • utilisation pour traiter une autre maladie.

 

Exemples pratiques d’UMDDE :

  • doubler la dose de Draxxin pour traiter les bouvillons faisant leur entrée dans le parc d’engraissement;
  • utiliser Anafen chez poules pondeuses;
  • traiter une vache laitière atteinte de métrite à la pénicilline pendant un mois;
  • utiliser de la tétracycline par voie topique pour traiter le piétin;
  • administrer à des procs atteints de pneumonie du Trimidox deux fois par fois (au lieu d’une fois par jour);
  • utiliser un tube de traitement contre la mammite Special Formula 17900 Forte pour traiter des blessures aux yeux chez les chevaux.

Pourquoi faire une chose pareille?

L’UMDDE a son utilité, car il y a des maladies animales pour lesquelles il n’y a pas de médicament homologué chez certaines espèces. Par exemple, il y a très peu de médicaments homologués pour l’utilisation chez les petits ruminants (les chèvres en particulier). Toutefois, il y a des médicaments approuvés pour d’autres espèces qui peuvent être efficaces chez les moutons et les chèvres, et qui sont donc utilisés en dérogation des directives de l’étiquette.

Seul un vétérinaire peut prescrire et utiliser chez les animaux un médicament en dérogation de l’étiquette. Quant à eux, les propriétaires d’animaux DOIVENT utiliser les médicaments conformément à l’étiquette, sauf sur indication contraire d’un vétérinaire.

L’UMDDE n’est donc permise qu’avec la supervision d’un vétérinaire autorisé. Le PREMIER choix DOIT être l’utilisation conformément aux directives de l’étiquette.

 

Pour avoir accès à des antimicrobiens d’ordonnance, il faut d’abord établir une relation valide avec un vétérinaire autorisé. Pour de plus amples renseignements sur l’établissement d’une bonne relation vétérinaire-client-patient (RVCP), consultez la Fiche GAMAE 5 des propriétaires d’animaux.

L’UMDDE n’est donc permise qu’avec la supervision d’un vétérinaire autorisé

Imputabilité et responsabilité

L’UMDDE peut être dangereuse pour les animaux et pourrait mener à la présence de résidus dans l’alimentation humaine. Quiconque utilise un médicament en dérogation de l’étiquette sans la supervision d’un vétérinaire le fait à ses risques et périls. Si quelque chose tournait mal, le blâme échoirait à la seule personne utilisant le médicament sans supervision (et non au fabricant, aux autorités de réglementation ni au vétérinaire).

 

Un vétérinaire ne devrait recourir à un UMDDE que dans les circonstances suivantes :

  • aucun médicament adéquat n’est étiqueté pour l’indication en cause;
  • la santé de l’animal à traiter fait face à une menace immédiate; et
  • à défaut d’un traitement immédiat, le risque de souffrance ou de mort sera très grand.

Périodes de retrait

Il est très important de comprendre que les périodes de retrait figurant sur l’étiquette NE S’APPLIQUENT PAS aux UMDDE. Le vétérinaire prescrivant un médicament en dérogation de l’étiquette a la responsabilité de recommander une période de retrait convenable et de formuler les mises en garde qui s’imposent pour la sécurité humaine comme pour la sécurité des animaux.

Le vétérinaire et le propriétaire de l’animal sont TOUS DEUX responsables de veiller à ce que l’UMDDE n’entraîne pas la présence de résidus prohibés.

 

Directives pour les vétérinaires qui optent pour une UMDDE

Le vétérinaire doit :

  • poser un diagnostic médical minutieux;
  • déterminer qu’il n’y a pas d’indication homologuée pour traiter la maladie OU que la posologie recommandée sur l’étiquette n’est pas efficace;
  • être raisonnablement certain que le médicament ne causera pas de tort à l’animal traité;
  • identifier (avec le producteur) soigneusement tous les animaux traités (y compris la tenue à jour des dossiers de traitement);
  • attribuer une période de retrait suffisante, en consultation avec le CgFARAD*; et
  • veiller à ce qu’il n’y ait pas de résidus prohibés dans les produits d’origine animale après le traitement.

 

*gFARADcanadien = Section canadienne de la Base de données mondiale sur l’évitement de résidus d’animaux producteurs d’aliments

Groupe financé à travers le monde qui fournit un avis expert aux vétérinaires au sujet des périodes de retrait à l’égard des médicaments utilisés en dérogation de l’étiquette chez les animaux producteurs d’aliments.

Médicaments interdits – UMDDE non permise

La réglementation fédérale interdit l’utilisation de certains médicaments chez les animaux producteurs d’aliments. Toute personne trouvée coupable d’utiliser ces médicaments chez des animaux destinés à l’alimentation s’expose à de fortes amendes ou même à une peine de prison.

Médicaments non permis chez les animaux destinés à l’alimentation au Canada :
chloramphénicol (antibiotique);
clenbutérol (traitement de l’asthme);
diéthylstilbestrol (œstrogène synthétique);
composés d’𝛼5-nitrofuran (antibiotique);
produits œstrogéniques (dans la volaille); et
dihydroiodure d’éthylènediamine.
Médicaments non permis chez les animaux destinés à l’alimentation aux États-Unis :
chloramphénicol (antibiotique);
clenbutérol (traitement de l’asthme);
diéthylstilbestrol (œstrogène synthétique);
composés d’𝛼5-nitrofuran (antibiotique);
dimétridazole, métronidazole, ipronidazole, nitroimidazole (antiparasitaires);
médicaments sulfamidés chez les bovins laitiers de plus de 20 mois (sauf l’utilisation homologuée de sulfadiméthoxine);
dipyrone (anti-inflammatoire);
glycopeptides (antibiotique);
utilisation en dérogation de l’étiquette des antimicrobiens importants sur le plan médical.